En réalité, pas une vitamine
Bien qu'on la nomme vitamine, la vitamine D est, sur le plan biochimique, une hormone que le corps peut produire lui-même. À condition que les rayons UV-B du soleil agissent sur la peau. Ce mode de formation rend la vitamine D unique parmi les micronutriments et explique pourquoi une part importante de la population des latitudes nord présente une carence.
Bien plus que les os
Le rôle classique de la vitamine D concerne la santé osseuse : elle régule l'absorption du calcium et du phosphore et est indispensable à la minéralisation du squelette. Une carence sévère provoque le rachitisme chez l'enfant et l'ostéomalacie chez l'adulte.
Mais la science des deux dernières décennies a montré que des récepteurs à la vitamine D sont présents dans presque tous les types de tissus du corps. Cette hormone influence :
- le système immunitaire et la défense contre les infections
- la régulation de l'inflammation
- la fonction musculaire
- le système cardiovasculaire
- l'humeur et la santé mentale
- le cycle cellulaire et, possiblement, le risque de cancer
L'ampleur de la carence
En France, selon les estimations, jusqu'à 60 pour cent de la population ne disposerait pas d'un apport suffisant en vitamine D, en particulier durant les mois d'hiver. Les groupes à risque sont les personnes âgées, dont la peau produit moins efficacement, les personnes à la peau foncée ainsi que celles qui sortent peu.
Un taux sérique d'au moins 50 nmol/l est considéré comme l'objectif minimal ; de nombreux experts recommandent des valeurs comprises entre 75 et 100 nmol/l pour des effets optimaux sur la santé.
Le soleil comme source principale
Durant les mois d'été, un adulte en bonne santé à la peau moyennement claire peut produire suffisamment de vitamine D avec environ 15 à 30 minutes d'exposition des bras et des jambes au soleil. En hiver, cependant, le soleil est trop bas en France pour fournir assez de rayonnement UV-B.
Les sources alimentaires de vitamine D sont limitées. Les poissons gras de mer comme le hareng, le maquereau et le saumon, ainsi que le jaune d'œuf et certains champignons en contiennent des quantités notables, mais suffisent rarement à assurer un apport adéquat.
Le diagnostic d'abord
Avant de prendre des mesures pour améliorer le taux de vitamine D, une analyse de sang est judicieuse. Le taux sérique de 25-OH-vitamine D renseigne sur le statut réel. L'autodiagnostic et un apport élevé non contrôlé peuvent entraîner des effets indésirables, car la vitamine D est liposoluble et s'accumule dans le corps. Un échange avec un professionnel de santé reste la meilleure première étape.
